19.3.06

Dimanche 19 Mars


Le réveil sonne à 8h00 après seulement quatre heures de sommeil. Le soleil brille. La température est très agréable autour de 22°.
Nous utilisons la belle salle de bain de la chambre 308. Puis nous descendons à 9h00 prendre le petit déjeuner au restaurant où nous avons dîné tôt ce matin. Il est présenté sous forme de buffets avec un choix important.
A 10h30, nous gagnons le salon "Lytia" pour écouter un guide nous présenter notre séjour en Turquie. Nous ne ferons pas de bateau à Manavgat, car pour le moment le climat ne le permet pas. L'ordre des visites est celui prévu sur la brochure de FL.
Nous achetons pour 280 € à Adlem les repas de midi et les entrées aux sites dont la visite est prévue.
Nous montons dans le bus 3 et nous allons vers Phaselis. Adlem nous raconte l'histoire de la Turquie de façon vivante et nous sentons qu'il met tout son coeur pour nous convaincre que son pays est magnifique avec des habitants accueillants et sympathiques.
Nous nous arrêtons dans une pisciculture, où sur une terrasse couverte de grandes tables en longueur sont installées. Elles dominent les bassins; nous dégustons, après une entrée de crudités, une truite cuite au feu de bois sur un plat en terre accompagnée de pomme de terre. Après un dessert salade de fruit, nous finissons pour certains, le repas en buvant du Raki.
La digestion se fait vite dans le car en direction de Phaselis. Les ruines sont situées entre les ports du sud-ouest et du nord-est. C'était un port important sur la route Grèce-Syrie-Palestine. Les Phéniciens, qui avaient exploité les capacités commerciales de la région avant l'arrivée des Rhodiens, avaient construit de trois ports situés au nord, au nord-est et au sud-ouest de la ville. Un quai sera construit entre les deux îlots, près du port du nord pour le protéger. Une partie de l'aqueduc romain s'étend jusqu'à un marécage.
Un théâtre occupe la pente nord-ouest de l'Acropole. Nous y accédons par un escalier moderne. Il possédait trois grandes portes en bois de trois mètres de hauteur. Le bâtiment de scène avait quatre petites portes qui donnaient sur la scène. Elles permettaient notamment d'introduire les animaux sauvages lorsque ces derniers se produisaient. Le théâtre de Phaselis, par ses gradins et ses décorations architecturales, ressemble à celui de Myra.
La voie principale débutait au port nord-est et se terminait par une porte construite en l'honneur de l'Empereur romain Hadrien lors de sa visite à Phaselis, à proximité du port du sud-ouest. Cette voie mesurait 10 mètres de largeur et 270 mètres de longueur. Une canalisation s'écoulait en son centre sur toute la longueur. D'un côté de cette voie, la plus importante construction de la ville, se trouvait le théâtre et de l'autre côté, des agoras construites à des époques différentes. La ville dispose de trois places qui formaient le centre de la ville : l'agora commerciale, l'agora de Domitien et celle d'une époque plus tardive. Elles sont évoquées sur une inscription dédiée à Hadrien.
Les grecs immortaliseront les richesses de la région, comme l'olivier, le laurier, le persil sauvage, le chant des cigales et le murmure de l'eau qui s'écoule. "Le parfum des roses de Phaselis" est encore produit en Anatolie de nos jours, mais il ne reste aucune trace de la crème de beauté, extrait du lys. Nous pouvons évoquer aussi un style de chevelure appelé Sisoé (Siso). Dans l'antiquité des voiliers légers et rapides auxquels on donnait le nom de "phaseli", naviguaient le long de ces côtes. Nous ne disposons que de peu d'informations sur Phaselis, l'une des plus importantes cités de la région. La légende, racontée par Adlem, dit que Lacios et son groupe, arrivés dans la région, auraient rencontré un berger nommé Cylabras et lui aurait demandé d'acheter ses terres afin d'établir leur nouvelle cité. Ils lui proposeront en échange des céréales ou du poisson fumé. Lacios choisira ce dernier. L'offrande du poisson fumé aux dieux deviendra une tradition dans la région. L'expression "sacrifice de Phaselis" qualifie aujourd'hui les petites offrandes. Avant l'arrivée des Rhodiens, les commerçants Phéniciens avaient exercé leurs talents dans la région. Phaselis sera soumise à la domination des Perses qui envahiront l'Anatolie, au milieu du VIème siècle avant Jésus-Christ . La victoire des Grecs contre les Perses à Marathon, Salamis et Plataea ne libèrera pas Phaselis de ses ennemis. La cité sera libérée par Cimon d'Athènes qui chassera les Perses de Lycie en 469 avant Jésus-Christ. Phaselis résistera au général grec avant de s'allier à lui contre les Perses lui verser un tribut compris entre 3 et 6 talents. Cette somme prouve que la ville était riche et prospère car, à cette époque, la grande Ephèse payait également 6 talents.
Phaselis était un port de qualité qui permettait l'exportation des bois issus de la forêt de l'arrière-pays. Le commerce concernait aussi la vente de roses pour la fabrication du parfum. Alexandre le Grand, qui arrivera à Phaselis au début de l'année 333 avant Jésus-Christ, sera accueilli en libérateur. Ses soldats attaqueront la cité rivale de Termessos à la demande des habitants de Phaselis. Le général grec se dirigera ensuite vers Pergé à travers les montagnes et en longeant la côte soumises aux tempêtes. Aucune route n'existait alors. Alexandre, qui fera passer une partie de son armée par le nord, accompagnera la seconde partie le long de la côte. Antigone, l'un des généraux d'Alexandre, défendra avec succès les villes de Lycie dans lesquelles il avait maintenu des garnisons. Ptolémée Ier assiégera toutes les villes de la région en 309 avant Jésus-Christ, y compris Xanthos, capitale de la Lycie. Phaselis passera sous la domination des Lagides jusqu'en 197 avant Jésus-Christ, puis sous celle des Séleucides après qu'Antiochos III l'ait intégrée à son empire. La bataille de Magnésie du Sipyle, en 190 avant Jésus-Christ, la fera passer sous la domination de Rhodes. Libérée de cette tutelle, elle rejoindra la Confédération Lycienne vers 150 avant Jésus-Christ avant d'être conquise par les pirates ciliciens et d'être rattachée à l'empire romain après la défaite de ces derniers face au commandant romain Manlius Servilius. La cité sera entourée, à l'époque byzantine, d'imposantes murailles. Phaselis passera sous la domination ottomane en 1158, avant de sombrer dans l'oubli au bénéfice des villes portuaires d'Antalya et Alanya.
Au retour, nous nous promenons dans Tekirova où nous visitons la reconstitution d'un village de nomades vivant sous la tente. Puis nous faisons la queue à un distributeur de billets qui donne des € et des $ en plus des YTL.
Repas habituel sous forme de buffet très varié au Simena. Le coucher est tôt car demain matin, le départ est prévu à 7h00 pour Pamukkale où nous coucherons. Le petit cadeau de FL est ce soir une boite de Loukoum.